Nolan Cattin (HC Bienne) a signé en avril 2025 son premier contrat professionnel jusqu’en 2028. Dans cet interview, il revient sur sa première saison en pro et évoque son avenir.

Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore?
Je m’appelle Nolan Cattin, je suis hockeyeur professionnel à Bienne. J’ai disputé ma première saison professionnelle l’année passée. J’entame donc ma deuxième saison. Je viens du Jura, de Saignelégier, j’ai un frère et une sœur, les deux plus petits que moi, et j’ai 19 ans (ndlr: 19 ans lorsque l’interview a été réalisé, il a aujourd’hui 20 ans).
Pourquoi avoir choisi le hockey plutôt qu’un autre sport?
J’ai commencé par le hockey, mais j’ai aussi fait du tennis et du foot. Après, c’est devenu compliqué, alors à l’âge de 12 ans, j’ai dû choisir. J’ai choisi le hockey parce que c’était mon premier sport, mon sport de cœur si on veut. Mes parents ont aussi eu une influence, ma mère est masseuse au HC Franches Montagnes et mon père fait du hockey dans une ligue amateur, alors j’ai toujours baigné dans le hockey.
Tu as disputé le nombre incroyable de 101 matchs lors de la saison 2024-2025, comment as tu réussi à gérer physiquement et mentalement un tel calendrier?
Euh, ouais (rires), c’était vraiment spécial et nouveau pour moi. C’était surtout pour la tête que c’était compliqué. Le corps était fatigué, mais avec les techniques de récupération, comme le sauna, les bains froids, un bon sommeil et bien manger, ça va. Le plus compliqué, c’était donc pour le mental. Enchaîner 5 matchs sur 5 soirs d’affilée c’est dur, même si sur certains matchs j’avais peu de temps de jeu. C’était dur mentalement à gérer au début, et je me posais beaucoup de questions aussi, parce que mon niveau était pas toujours comme je le voulais. J’ai ensuite travaillé avec un coach mental, et ça, ça m’a aidé.
Cette saison 2025-2026, tu as notamment disputé les prestigieux championnats du monde junior, qu’est-ce que ça signifie pour toi de représenter son pays sur une telle scène internationale?
C’est une grande fierté, c’est vraiment un honneur. Tu vas aux États-Unis avec une équipe que tu connais déjà pas mal, on est tous des autres potes des autres clubs, donc l’ambiance était vraiment cool. Aussi pour réaliser certains objectifs, on est parfois considéré comme un plus petit pays de hockey, mais on est en train de devenir une bonne nation. Pousser pour le maillot, pousser pour la Suisse, représenter la Suisse, c’est incroyable, c’est un rêve.
Un autre beau moment pour toi cette saison c’est le titre de champion Suisse U21 avec Bienne après la finale contre Zürich, comment toi et l’équipe avez vécu ce titre? Un sentiment de revanche après la finale perdue contre eux l’année passée?
Oui, je pense un grand sentiment de revanche. Ça faisait deux ans qu’on perdait la finale (ndlr: défaite en finale contre Zoug lors de la saison 2023-2024), et l’année passée contre Zürich. Cette année on jouait encore contre Zürich, on savait que ce ne serait pas facile, et on a perdu deux matchs à la maison. Mais avec cette équipe, ça faisait cinq ans qu’on jouait ensemble, on est vraiment soudés, et je pense que c’est ce qui a fait la différence. C’est donc de très beaux souvenirs.
Ce dernier acte de la finale, vous l’avez disputé devant 5843 spectateurs à la Tissot Arena, un record absolu pour un match junior en Suisse, vous vous attendiez à voir autant de monde? Ça vous a donné une motivation supplémentaire?
Si on s’y attendait, je pense un peu. L’année passée déjà on avait réussi à avoir 5500 spectateurs, ou quelque chose comme ça. Et là, les premiers matchs à la maison, on était aussi autour de 4000 à 5000 personnes, ce qui est déjà incroyable pour un match junior. On s’y attendait donc un petit peu, oui. Et gagner à la maison avec tout ce public, fêter avec la famille, ça a été un soutien incroyable, et je pense que ça nous a aidé.
Quel regard portes-tu sur ta saison, à la fois individuellement et collectivement?
C’était ma première année en professionnel, donc je ne savais pas trop à quoi m’attendre, et je ne m’attendais pas à jouer directement. Les premiers matchs, j’étais surtout treizième attaquant, et ensuite j’ai réussi à me faire une place dans le line-up. J’ai par la suite réussi à garder ma place, ce qui était le plus important pour moi. Il y a eu des hauts et des bas, et je dois encore améliorer pas mal de choses dans mon jeu, surtout avec le puck.
Je suis ensuite parti aux championnats du monde, ce qui était un grand objectif de la saison pour moi. Je l’ai atteint, j’étais vraiment content et satisfaits de mes performances là bas. J’ai beaucoup appris grâce à cette expérience. Je suis ensuite revenu à Bienne, et c’était un peu plus compliqué. J’étais aussi fatigué, c’est un peu le contrecoup d’une compétition comme ça.
Après, je suis allé à Olten (ndlr: en prêt) pour jouer les playoffs. J’y étais déjà allé l’année passée, alors je savais à quoi m’attendre. J’ai eu beaucoup de temps de jeu et j’ai vraiment apprécié jouer là bas. Puis il y a eu la fin de saison avec les juniors, aller chercher ce titre, c’était une très belle fin, c’était incroyable. J’ai personnellement beaucoup appris et je sais sur quoi je dois encore travailler pour l’année prochaine.
À titre collectif, avec la première équipe, il y’a eu des hauts et des bas. Vers la fin de la saison, c’était mieux, et on doit prendre ça pour construire une bonne base pour l’année prochaine. Et avec les juniors, je pense qu’on ne peut pas rêver mieux!
Tu as déjà un objectif pour la saison prochaine?
Un objectif serait de me faire ma place en National League avec Bienne. De jouer régulièrement et de jouer de plus en plus de minutes, tout en respectant le rôle que le coach va me donner. J’aimerais aussi travailler sur les plus petits détails chaque jour, pour m’améliorer encore, ce qui est le plus important à mon âge. Et si je ne joue pas tout de suite en National League, je vais continuer à travailler pour gagner ma place dans l’équipe, et ça c’est mon plus grand objectif.
Toujours en parlant d’avenir, quelle serait la suite de carrière idéale pour toi?
Le parcours idéal serait déjà de me faire une place cette année et de jouer régulièrement. Ensuite de prendre de plus en plus de place dans l’équipe, de jouer un meilleur rôle et avoir plus d’importance. Faire en sorte que le coach puisse toujours avoir confiance quand il m’envoie sur la glace, et après continuer de faire mon chemin de carrière. Peut-être un jour jouer avec l’équipe de Suisse, participer aux championnats du monde et aux jeux olympiques, et même gagner des titres avec Bienne, ce serait la carrière idéale.
Tu as déjà été contacté ou approché par d’autres clubs, suisses ou à l’étranger?
Non pas spécialement, j’ai toujours été bien à Bienne. J’ai toujours senti que je pouvais bien me développer, pour moi c’était le plus important. Je voyais pas pourquoi changer de club, donc j’ai jamais vraiment cherché non plus. J’ai eu mon premier contrat professionnel l’année passée, j’ai encore 2 ans de contrat pour me développer, et après on verra la suite.
Et pour terminer, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite?
Et bien déjà pas de blessures, la santé c’est le plus important. Ensuite qu’avec l’équipe on atteigne les playoffs cette année, et aussi que je me fasse ma place avec l’équipe!


Laisser un commentaire