Née de la fusion de deux équipes d’esport neuchâteloises, Feather a vu le jour en mars 2026. Deux de ses membres nous font découvrir une discipline passionnante encore méconnue.

Sur les rives du lac de Neuchâtel, un vent frais amené par les eaux refroidit l’air étouffant qu’impose le mois d’août. Ce vent, c’est aussi un vent de fraîcheur, insufflé par une équipe d’esport qui vient de naître et par deux jeunes membres de son comité. Ce vent, c’est également celui sur lequel Feather (qui se traduit par «plume») veut voler vers le succès.
À travers leur équipe, Mathew Mahler (A.K.A Unknown), vice-président et responsable des équipes, ainsi que Corentin Maurer (A.K.A Corentin), trésorier et responsable événementiel, nous emmènent à la découverte de cette discipline aussi passionnante qu’encore méconnue: l’esport.


L’union de Team Solid et Phoenyx
L’histoire de Feather débute le 1er mars dernier, alors que deux équipes d’esport neuchâteloises, Team Solid et Phoenyx, décident de fusionner. «On estime que Neuchâtel est assez petit, et l’idée était de ne plus se marcher dessus mais plutôt d’unir nos forces pour représenter notre canton», explique Corentin. «On était deux associations qui se complétaient plutôt bien, nous (Team Solid) dans une partie un peu compétitive et événementielle, et eux (Phoenyx) dans une partie plus streaming et événementielle également», ajoute Mathew.
Cette union leur permet également de mieux répartir les tâches de la vie associative entre les membres, ces derniers étant également occupés par leur travail ou leurs études, comme c’est le cas pour Mathew et Corentin.
Counter-Strike, League of Legends et Smash Bros
Feather comprend 24 joueurs répartis dans des équipes dont les spécialités ne sont pas les mêmes jeux. «On a des équipes sur CS2 (Counter-Strike 2), sur League of Legends et sur Smash Bros. On a des équipes amateurs, mais on accompagne les joueurs pour qu’ils puissent bénéficier d’un cadre et qu’ils puissent profiter de leur passion en ayant des managers et des coachs, tout en s’entraînant avec des joueurs à leur niveau», explique Mathew. «Notre rôle est d’élever ces joueurs pour qu’ils puissent trouver une voie pour passer semi-professionnels, ou simplement jouer en compétition à côté de leurs études», ajoute-t-il.
Si le niveau n’est pas professionnel, il n’en est pas moins relevé. Tout le monde ne peut pas prétendre rejoindre une équipe de Feather sans présenter un certain talent, comme le confirme le vice-président. «On fixe des limites de niveau en fonction de la ligue dans laquelle va jouer l’équipe.» Il précise toutefois que former de jeunes joueurs peu expérimentés reste un vœu pour l’avenir.
«La Nati de CS»
Si Feather sélectionne ses joueurs, ce n’est pas un hasard. Certaines de ses équipes affichent parfois le meilleur niveau du pays. En surpassant la concurrence helvétique sur Counter-Strike, Feather a eu l’honneur de représenter la Suisse à l’international, ce mois de juillet: «On a représenté la Suisse aux qualifications européennes pour l’Esport Nations Cup, l’équivalent des Jeux olympiques dans l’esport», se réjouit Mathew. «On sera la Nati de CS», avait-il écrit sur X avec émotion.
On sera la Nati de CS 🥹 https://t.co/Wevj9hLVzw
— Mathew 'FTH Unknown' 🦇 (@Unkdzn) July 9, 2026
Malgré plusieurs titres nationaux, pas de quoi faire de Feather une équipe professionnelle. «Malheureusement, dans le pays, il n’y a pas beaucoup de joueurs professionnels ou même semi-professionnels. C’est aussi parce que le coût de la vie est cher», explique celui que l’on surnomme Unknown. «Il faut réussir à susciter de l’intérêt pour trouver des sponsors, ce qui n’est pas gagné parce que quand on dit ’’Esport’’, on nous dit ’’Oui, c’est chouette, mais pas pour nous’’ », complète Corentin.
La réalité suisse est en véritable contraste avec celle de la France, dont les équipes peuvent rassembler des dizaines de milliers de spectateurs en présentiel, des centaines de milliers en ligne.
«Une bonne pratique du jeu»
En attendant, Feather continue de vivre, porté par des jeunes motivés, investis et organisés. Ils continuent de participer à des événements et de présenter leur passion, que ce soit dans des écoles comme à Colombier ou au 2000-SPARK, durant ce mois d’août. «On essaie de promouvoir une bonne pratique du jeu, une pratique en collaboration. Jouer ensemble, c’est important, plutôt que de juste jouer à FIFA dans sa chambre», affirme Corentin, qui vous invite à découvrir leur travail à l’occasion du 2000-SPARK, d’ici fin août.
Crédit photo: @_lycrus (Instagram)


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