Le samedi 10 octobre a eu lieu une tradition unique mêlant cloches, vaches, bonne humeur et un peu de flotte, histoire de se rafraîchir après cette canicule estivale.

La désalpe au Boéchet, mais quelle idée ? Depuis la Combe à la Biche ? Est-ce une plaisanterie ? Petit bémol toutefois, ce ne sont pas des biches qui descendent de l’alpage…affaire à suivre.


Eh oui, cela existe bel et bien. Et même depuis un paquet bout de temps : il s’agit de la seule et unique Désalpe du Jura.
Et l’histoire est plutôt jolie. Avant l’arrivée des moteurs, tout se faisait à pied. Dès la mi-mai, les génisses prenaient le chemin de l’alpage, avant de redescendre à la mi-octobre. Puis, vers 1906, les premières machines firent progressivement leur apparition. Mais protestation ! Que nenni ! Pas question de se laisser gagner par la sédentarité. Il fallait préserver cette marche qui allait devenir si précieuse aux yeux de tous.
Et puisque les vaches, fièrement couronnées de fleurs, faisaient partie du cortège, les paysans qui en prenaient soin étaient eux aussi à l’honneur, et oui, une récompense gourmande attendait les plus méritants (tandis que les autres pouvaient continuer à se dorer la pilule) il fallait bien récompenser ceux qui chouchoutaient leurs belles. N’est-ce pas là tout le charme de cette tradition?
C’est ainsi qu’en 1988, une bande de copains s’est réunie et a vu germer une idée. Un an plus tard, en 1989, ils se retrouvaient au Restaurant de l’Union au Boéchet. Face au succès grandissant de l’événement, l’établissement est vite devenu trop étroit. Des agriculteurs ont alors décidé de mettre leurs terrains en commun pour dresser une cantine, proposant toutes sortes de produits savoureux mettant à l’honneur le terroir local. Ce n’est toutefois qu’en 1992 que la manifestation s’est structurée de manière officielle avec la création d’un comité.
Le samedi 10 octobre 2026, malgré quelques traînées de pluie, la foule s’est déplacée en nombre pour vivre, admirer et ressentir ce moment fort, profondément ancré dans le cœur de la majorité des Jurassiens. Quoique, un groupe traditionnel de Champéry a également fait le déplacement, soulignant : « Nous avons délaissé la Foire du Valais pour venir célébrer la désalpe dans le Jura!».
Leurs costumes d’époque de 1830 valaient vraiment le détour ! Ils se sont rassemblés afin de partager une douce symphonie, issue d’une tradition purement orale. Leur orchestre se distinguait par des instruments anciens comme le bombardon (une sorte de trompette) ou le célèbre chapeau chinois (un instrument de percussion). Un vaste programme attendait ainsi les visiteurs : célébrations, festivités et musiques folkloriques ont rythmé cette journée placée sous le signe de la convivialité. Que ce soit pour partager un verre, admirer les tracteurs joliment décorés, contempler les superbes vaches notamment les Red Holstein, de magnifiques laitières, ou simplement savourer les sourires sur les visages, ce point d’orgue festif a comblé chacun des participant(e)s.

Des personnes en habits traditionnels de 1830, venues de Champéry, témoignent:«Nous avons délaissé la Foire du Valais pour venir célébrer la désalpe dans le Jura!»
Un dernier petit mot pour conclure, avec les remerciements du président du comité, Johnny Scheidegger. Un défi lui a ensuite été lancé : trouver un adjectif pour chaque lettre du nom du village afin de résumer cet événement. Voici le résultat :
Le Boéchet se résume donc à : B comme bonne humeur, O comme organisation, E comme épatant, C comme créatif, H comme heureux de faire la fête, E comme enthousiasmé et T comme toujours partant(e)s.
Davantage d’informations sur www.desalpe.com


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